Conséquences négatives de la hausse des prix à la pompe

Marc-André Blanchette Uncategorized

Je lis de plus en plus sur des blogues que les étudiants sont des enfants gâtés. Les cellulaires et tout et tout. Permettez-moi de rappeler que si je n’avais pas travaillé durant mes études, je n’aurait pu étudier et que mon cellulaire, c’est à même ce travail que j’ai pu me le payer.

Pour les gens qui critiquent les étudiants qui s’endettent pour s’acheter des cossins, je me permet de leur rappeler que la problématique de l’endettement chronique n’est pas seulement chez les étudiants. Figurez-vous que l’ensemble du peuple québécois est à 137,5% de sa capacité de payer. Ce qui veut dire que 37,5% de ce que l’on consomme est acheté à crédit (pour les souverainistes, au Canada il est de 44.4%). Ce n’est pas un fait étudiant. Si la totalité de la population veut imposer la discipline budgétaire, ils décident de l’imposer au mauvais groupe (au groupe avec peu ou sans revenu).

En ce qui concerne les enfants gâtés, ce n’est pas pour eux que l’on décide de manifester. C’est pour les jeunes comme moi qui vivent sur des prêts qu’ils devront rembourser pendant 10 ans. C’est pour des gens qui ne se font pas payer leurs études par leurs parents et qui doivent se démerder. N’oublions pas que le financement des études post-secondaires est constitué dans son immense majorité de prêts. Qui dit prêts, dit intérêts.

 

J’ai d’ailleurs constaté que le gouvernement a délégué la question du financement universitaire au CRÉPUQ (groupe des recteurs). Alors que les deux groupes devraient en arriver à une médiation, le gouvernement n’entend pas négocier avec les étudiants. Il entend faire ce qu’il fait le mieux, déléguer. Comme sur le dossier du gaz de schiste, il nous fera savoir qu’il n’est pas expert en éducation et que ce ne sont pas ces affaires. Il laissera donc tout le plancher aux recteurs, ce sera donc un monologue des partenaires de l’éducation.

Pourtant, ces mêmes recteurs sont la cause principale des déboires des universités!!! Qu’on impute aux étudiants des décisions administratives qui nous rappellent vaguement  Henri-Paul Rousseau à la Caisse de Dépôt, est tout à fait ridicule.

N’oublions pas que le sous-financement des universités ne date pas d’hier.

Annexer à la moyenne canadienne est tout aussi ridicule, puisque les contribuables québécois paient des impôts provinciaux de l’ordre de  16 à 20% alors que par exemple en Ontario, les mêmes contribuables paient de 6 à 10% d’impôts. Or, les Québécois  paient déjà naturellement pour le maintien de l’éducation.

Ultimement, si comme plusieurs le prétendent, les étudiants se font payer leurs études, qui paiera pour l’augmentation des frais de scolarité? Un petit indice, les mêmes qui vont payer une contribution santé de 200$ en 2014.