Manifeste contre la culture de l’iniquité

Marc-André Blanchette Uncategorized

Il m’arrive souvent d’entendre que le travail c’est la santé. Pourtant, je n’entends personne chialer quand le taux de chômage augmente, je n’entends personne chialer quand de grandes entreprises ont d’importantes restructurations à faire. C’est quand même assez singulier d’entendre des phrases comme : «Soyons raisonnables, ils n’ont pas le choix de couper, ils n’ont pas le choix de me mettre au chômage, ils n’ont pas le choix d’hausser les tarifs, ils n’ont pas le choix de privatiser.»

Dans le discours ambiant populaire, il est fréquent d’entendre que si vous n’avez pas d’emploi, c’est parce que vous êtes un lâche , que si vous n’avez pas d’argent, c’est parce que vous n’êtes pas responsable par rapport à vos finances personnelles. , que si vous êtes éduqué, il est facile de dénicher un bon emploi. On entend aussi que les étudiants, qui gagnent en moyenne un peu plus de 10 000$ par an, devraient payer plus cher pour étudier. Et j’en passe plusieurs.

Le pourcentage de syndicalisation est en chute libre, les salaires diminuent, les emplois à temps plein sont de moins en moins nombreux, et pourtant, dans les médias nationaux, on parle de restructuration et de rationalisation. Si la rationalité apporte à mettre les gens à la rue, laissez-moi vous dire que j’exige qu’on me retire le plus rapidement possible ma raison.

Il est tout à fait ridicule d’accuser les gens qui sont dans le besoin d’abuser du système. Ceux qui font des millions par semaine, ne les font pas nécessairement à cause de leur talent. Plusieurs richissimes le sont d’abord par l’arrière grand-père. Malgré le fait que ceux-ci soient pleins au rebord, on trouve le moyen de leur donner les meilleurs avantages fiscaux et des moyens de contourner l’impôt. Des chapitres 11 de l’ALÉNA, des accords de protection sur les investissements, des réductions de taxe, des systèmes privés parallèles. En retour, ceux-ci répondent en évitant l’impôt avec une armée de fiscalistes, de comptables et d’avocats.

Un choix collectif depuis quelques temps, nous impose de croire que les riches doivent vivre mieux et que les pauvres doivent vivre moins bien. C’est ce que l’on appelle de la médiocrité. Être médiocre, c’est aussi de dire que les mieux nantis devraient par définition obtenir plus de dignité que les démunis. D’où provient cette logique ? Pourquoi nous complaire dans la médiocrité et le cynisme quand le monde équitable et juste est à bâtir ?